Que faire après une chute d'une personne âgée ?

Que faire après une chute d'une personne âgée ? Guide complet 2026

Mis à jour le février 2026 · Lecture 11 minutes
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Équipe Sérénita Home Spécialistes du maintien à domicile · Ce guide a été élaboré avec des professionnels de santé et des urgentistes partenaires.
🚨 Votre proche vient de chuter — faites ça maintenant
  • 1Ne le relevez pas immédiatement — parlez-lui d'abord, évaluez sa conscience
  • 2Cherchez des signes de douleur intense, de déformation d'un membre, d'impossibilité de bouger
  • 3Si douleur à la hanche, au dos, à la tête, ou perte de connaissance → appelez le 15 (SAMU) immédiatement
  • 4S'il est conscient et sans douleur grave → aidez-le à se relever progressivement selon la méthode ci-dessous
  • 5Après la chute, même sans blessure apparente → consultez le médecin dans les 24 à 48h

Les premiers gestes — ce qu'il faut faire et ne pas faire

Votre premier réflexe sera de vouloir relever votre proche immédiatement. C'est humain — et c'est souvent la pire chose à faire. Relever trop vite quelqu'un qui a une fracture du col du fémur ou une lésion de la colonne peut aggraver considérablement les blessures.

Ce qu'il faut faire en priorité

Approchez calmement, parlez à voix douce. Demandez-lui où il a mal, s'il peut bouger les doigts et les orteils, s'il a perdu connaissance même brièvement. Observez son visage — une asymétrie, un trouble de la parole, une confusion soudaine peuvent indiquer un AVC qui a provoqué la chute plutôt qu'une chute simple.

⚠️ Ne faites jamais ça

Ne tirez pas sur les bras ou les jambes pour relever votre proche. Ne le faites pas pivoter brutalement. Ne laissez pas quelqu'un qui se plaint du dos, de la hanche ou de la tête se relever seul sous prétexte qu'il dit "ça va". La douleur peut être masquée par l'adrénaline dans les premières minutes — et une fracture peut exister sans douleur immédiate intense chez une personne âgée dont la sensibilité est altérée.

Si votre proche est au sol et attend les secours

Installez-le confortablement : une couverture sous lui et sur lui pour éviter le refroidissement (l'hypothermie au sol est un risque sérieux pour une personne âgée immobile), un coussin ou un vêtement plié sous sa tête. Restez avec lui, parlez-lui, rassurez-le. Notez l'heure de la chute — le médecin vous le demandera.

Quand appeler le 15 — les signes d'urgence absolue

Appelez le SAMU (15) immédiatement si vous observez l'un de ces signes :

🚨 Appelez le 15 maintenant si :
  • Douleur intense à la hanche, au bassin ou au dos — suspicion de fracture du col du fémur
  • Impossibilité totale de se lever ou de bouger une jambe
  • Perte de connaissance, même brève
  • Confusion mentale soudaine ou agitation inhabituelle
  • Asymétrie du visage, trouble de la parole, faiblesse d'un côté du corps — signes d'AVC
  • Blessure à la tête — choc crânien, saignement, bosse importante
  • La personne est au sol depuis plus d'une heure
  • Difficultés respiratoires ou douleur thoracique
  • Prise d'anticoagulants — le risque hémorragique interne est élevé même sans signe visible

Pour les personnes sous anticoagulants (Xarelto, Eliquis, Pradaxa, Sintrom) : Tout choc à la tête nécessite une consultation médicale d'urgence, même en l'absence de symptômes visibles. Un hématome intracrânien peut se développer silencieusement pendant des heures après le choc avant de se manifester brutalement.

Comment aider quelqu'un à se relever après une chute

Si votre proche est conscient, sans douleur intense ni signe d'urgence, voici la méthode recommandée par les professionnels de santé pour se relever seul ou avec une aide minime — sans risque pour sa colonne ni pour votre dos.

1

Attendre et reprendre ses esprits

Ne pas se précipiter. Rester quelques instants allongé, reprendre sa respiration. L'adrénaline masque la douleur — prendre 2 à 3 minutes permet d'évaluer ce qui fait vraiment mal avant de bouger.

2

Se retourner sur le côté

Lentement, se retourner sur le côté — vers le côté le moins douloureux. Plier les genoux. Utiliser les bras pour soutenir le mouvement. Cette position intermédiaire prépare le passage à genoux.

3

Passer à quatre pattes

Depuis la position sur le côté, pousser sur les bras pour passer à genoux. Approcher un siège solide ou une chaise robuste si possible — ce sera le point d'appui pour la suite.

4

S'appuyer sur le siège et se lever

Poser les deux mains sur le siège. Avancer un pied en avant, genou plié. Pousser sur les deux bras et la jambe avant simultanément pour se redresser. S'asseoir immédiatement sur la chaise une fois debout — ne pas rester debout brutalement (risque d'hypotension).

5

Rester assis plusieurs minutes

Attendre au moins 3 à 5 minutes assis avant de se lever. Boire un verre d'eau. Évaluer comment on se sent. C'est seulement après ce temps de récupération qu'on peut estimer si une consultation médicale est nécessaire.

Si votre proche ne peut pas se mettre à genoux ou si la douleur empire à chaque mouvement : Arrêtez tout. Ne forcez pas. Installez-le confortablement au sol avec une couverture et appelez le 15. Il vaut mieux attendre les secours 30 minutes que provoquer une fracture déplacée en forçant.

Après la chute — que faire dans les 48 heures suivantes

Même si votre proche semble aller bien après la chute, les 48 heures suivantes sont critiques. Des blessures peuvent se révéler progressivement, et la dynamique psychologique post-chute peut s'installer très vite si on n'y prête pas attention.

Dans les premières heures

Appelez le médecin traitant même sans blessure apparente — il peut décider si une radiographie est nécessaire ou non. Chez une personne âgée, une fracture du poignet, du bassin ou même du col du fémur peut se manifester par une douleur modérée au début. Ne laissez pas votre proche minimiser sa douleur sans consultation.

Dans les 24 à 48 heures

Surveillez les signes retardés : douleur qui s'intensifie progressivement, hématome qui se développe, difficultés à marcher qui n'existaient pas avant la chute, confusion ou somnolence inhabituelle. Chacun de ces signes justifie une consultation ou un appel au 15.

Une chose à faire systématiquement : Notez dans un carnet la date, l'heure, les circonstances et le lieu de la chute. Si votre proche chute à nouveau dans les semaines suivantes, ce carnet permettra au médecin d'identifier un schéma — médicament en cause, heure critique de la journée, lieu récurrent — et d'intervenir efficacement.

"Ma mère est tombée un mercredi matin dans sa salle de bain. Pas de douleur intense, elle voulait qu'on n'appelle pas le médecin. On a insisté. La radio a montré une fracture du col du fémur sans déplacement. Sans cette radio, elle aurait marché dessus pendant des jours — et ça aurait terminé en opération d'urgence. Je suis tellement content d'avoir insisté."

Olivier M., aidant principal

Le syndrome post-chute — la menace que personne ne voit venir

C'est l'une des conséquences les plus graves d'une chute chez la personne âgée — et l'une des moins connues des familles. Le syndrome post-chute ne se voit pas sur une radio. C'est une réaction psychologique profonde qui s'installe après une chute, même sans blessure physique.

La personne qui a chuté développe une peur intense de rechuter. Elle commence à limiter ses déplacements, à s'agripper aux meubles, à éviter les sorties. Cette immobilisation progressive provoque une fonte musculaire rapide — qui augmente précisément le risque de chuter à nouveau. C'est un cercle vicieux que les professionnels appellent la "spirale de déconditionnement".

⚠️ Les signes du syndrome post-chute

Marche très ralentie avec petits pas hésitants · Regard fixé sur le sol · Refus de lâcher les meubles ou les murs · Refus de sortir de chez soi · Peur de rester seul · Insomnie liée à la peur de chuter la nuit · Refus d'utiliser un déambulateur par honte — alors que c'est exactement ce qui protègerait.

Le traitement du syndrome post-chute passe par la kinésithérapie (renforcement musculaire, travail de l'équilibre), la reprise progressive de la marche dans un environnement sécurisé, et parfois un accompagnement psychologique. Ne laissez pas votre proche "récupérer seul" après une chute — la récupération active est bien plus efficace que le repos prolongé.

Comprendre pourquoi il a chuté — identifier la cause

Une chute n'est jamais "un accident". Elle a toujours une ou plusieurs causes — et les identifier est la condition pour empêcher la suivante. Les professionnels distinguent les facteurs intrinsèques (liés à la personne) et les facteurs extrinsèques (liés à l'environnement).

💊
Médicaments

Somnifères, anxiolytiques, antihypertenseurs, diurétiques — de nombreux médicaments augmentent le risque de chute par hypotension, somnolence ou vertiges. Signalez la chute au médecin pour révision du traitement.

👁️
Vision

Cataracte non opérée, correction de lunettes obsolète, DMLA. Une mauvaise vision ne se dit pas toujours spontanément. Vérifiez la date du dernier bilan ophtalmologique.

👂
Équilibre et oreille interne

Vertiges positionnels bénins (VPPB), troubles vestibulaires — très fréquents après 75 ans, très traitables par kinésithérapie ou manœuvres spécifiques. Souvent non diagnostiqués.

🫀
Hypotension orthostatique

Baisse de tension au lever — provoque des vertiges dans les 30 premières secondes debout. Très fréquente le matin ou après un repas. Simple à prévenir : attendre assis avant de se lever.

🦵
Faiblesse musculaire

La sarcopénie (perte musculaire liée à l'âge) réduit la capacité à se rattraper lors d'un faux pas. La kinésithérapie préventive et l'activité physique adaptée sont les seuls traitements efficaces.

🏠
Environnement du domicile

Tapis glissants, sol mouillé, éclairage insuffisant la nuit, seuil de porte, chaussettes sans semelles antidérapantes. 40 % des chutes à domicile ont une cause environnementale directement évitable.

Prévenir la prochaine chute — les actions concrètes

Une chute est un signal d'alarme. Elle vous dit que quelque chose doit changer — dans l'environnement, dans les médicaments, dans l'équipement. Agir dans les jours qui suivent une première chute est la meilleure protection contre la deuxième.

Côté médical

Demandez au médecin une révision complète du traitement médicamenteux avec attention aux médicaments chutogènes. Si les chutes se répètent, demandez un bilan gériatrique complet — bilan de l'équilibre, de la vision, du système cardiovasculaire. Une consultation en kinésithérapie pour un programme de renforcement musculaire et d'équilibre est souvent déterminante.

Côté domicile

La salle de bain d'abord — barres d'appui, siège de douche, tapis antidérapant. Les WC ensuite — réhausseur, cadre avec accoudoirs. Le chemin nocturne lit/WC — veilleuse à détection de mouvement. Supprimez tous les tapis glissants dans le logement. Éclairez les zones sombres. Vérifiez les chaussures portées à l'intérieur — chaussettes sans semelles ou chaussons glissants sont responsables d'un grand nombre de chutes domestiques.

Côté équipement

Si votre proche ne l'a pas encore — c'est le moment d'introduire un déambulateur ou une canne. Un rollator bien choisi ne réduit pas la liberté de déplacement — il l'augmente en donnant la confiance de se déplacer sans crainte. Et une téléassistance, pour que la prochaine chute — s'il y en a une — ne soit plus jamais une longue attente seul au sol.

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Questions fréquentes

Ma mère a chuté mais dit qu'elle va bien — faut-il quand même appeler le médecin ?
Oui, systématiquement après une chute chez une personne âgée — même sans douleur apparente. Chez les personnes âgées, la douleur peut être masquée par l'adrénaline ou atténuée par une sensibilité altérée. Une fracture du col du fémur peut se présenter initialement avec une douleur modérée. De plus, si votre proche prend des anticoagulants, un choc à la tête nécessite des examens d'urgence même en l'absence de symptômes. Appelez le médecin traitant dans les heures qui suivent — il décidera si une radio est nécessaire.
Comment relever une personne âgée au sol sans se blesser soi-même ?
Ne soulevez jamais une personne en tirant sur ses bras ou ses aisselles — vous risquez de lui luxer une épaule et de vous blesser le dos. La bonne méthode : approchez une chaise robuste du sol près d'elle, guidez-la pour qu'elle se mette à genoux en prenant appui sur la chaise, puis aidez-la à se relever en poussant sur ses hanches — pas en tirant ses bras. Si vous n'êtes pas deux, ou si votre proche ne peut pas se mettre à genoux, n'insistez pas. Appelez le 15 ou les pompiers (18) — c'est leur métier, ils ont le matériel adapté.
Mon père chute régulièrement — est-ce forcément un signe de démence ?
Non, pas forcément. Les chutes répétées ont des causes très diverses, la grande majorité sans lien avec une démence : médicaments chutogènes (somnifères, anxiolytiques, antihypertenseurs), hypotension orthostatique, troubles de l'équilibre vestibulaire, faiblesse musculaire, problème de vision, environnement inadapté. Un bilan médical complet — et pas une conclusion hâtive — est la seule façon d'identifier la vraie cause. Signalez les chutes répétées au médecin traitant qui pourra orienter vers un gériatre.
Qu'est-ce que le syndrome post-chute et comment l'éviter ?
Le syndrome post-chute est une réaction psychologique qui s'installe après une chute : peur intense de rechuter, limitation progressive des déplacements, immobilisation volontaire. Cette immobilisation provoque une fonte musculaire rapide qui augmente paradoxalement le risque de chuter à nouveau. Pour l'éviter : ne pas laisser votre proche "se reposer" indéfiniment après une chute. La reprise rapide de la marche — avec les bons équipements et un suivi kiné — est le meilleur traitement. Parlez-en au médecin dès les premiers signes de retrait.
Faut-il hospitaliser après une chute d'une personne âgée ?
Pas systématiquement. L'hospitalisation est nécessaire en cas de fracture, de choc crânien, de prise d'anticoagulants avec traumatisme, de signe neurologique (AVC suspecté), ou d'impossibilité totale de se lever. En l'absence de ces éléments, une consultation médicale en ville suffit dans un premier temps. Attention cependant : l'hospitalisation prolongée elle-même est un facteur de risque de déconditionnement chez la personne âgée — les professionnels cherchent de plus en plus à maintenir à domicile avec un suivi renforcé quand c'est possible.
Comment convaincre un parent de prendre un déambulateur après une chute ?
Ne présentez pas le déambulateur comme un équipement médicalisé ou comme un signe de vieillissement — c'est souvent ainsi qu'il est perçu et refusé. Présentez-le comme un outil de liberté : "Avec ça, tu peux aller au marché sans avoir peur de tomber." Laissez-le l'essayer dans un environnement sécurisé. Le fait qu'un médecin ou un kinésithérapeute le recommande formellement aide aussi beaucoup — une parole médicale a plus de poids qu'une demande familiale. Notre guide sur les refus d'aide détaille toutes les approches.
Ma mère est tombée dans la nuit et n'a pas pu appeler — comment éviter que ça se reproduise ?
C'est la situation la plus terrifiante pour les familles — et la plus évitable. Trois équipements à mettre en place immédiatement : une téléassistance (bracelet ou médaillon que la personne porte sur elle y compris la nuit, qui permet d'appeler au secours en un bouton), une veilleuse à détection de mouvement sur le chemin lit/WC (la majorité des chutes nocturnes survient sur ce trajet dans l'obscurité), et un tapis antidérapant au pied du lit et dans la salle de bain. Ces trois équipements combinés couvrent la quasi-totalité des scénarios de chute nocturne.
Quels médicaments augmentent le risque de chute chez les personnes âgées ?
Les médicaments les plus fréquemment impliqués dans les chutes : benzodiazépines et somnifères (Lexomil, Stilnox, Xanax), antidépresseurs, antihypertenseurs (surtout en association), diurétiques, neuroleptiques, antiépileptiques, et certains antidouleurs. Ces médicaments agissent sur la tension, l'équilibre, la vigilance ou la force musculaire. Signalez systématiquement une chute au médecin — il pourra revoir le traitement, réduire certaines doses ou substituer par un médicament moins chutogène.
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